Dans la matrice de l’immensité
je te porte une éternité
je te porte un sens
mûrissant dans mes entrailles
jusqu’à la vieillesse
de moi tantôt s’approchant
tantôt se détachant
s’agitant
aux grés de mes vicissitudes
grandissant
grandissant
grandissant
Vertiges et égarements
me taraudent
et les ouragans de la passion
Subitement
un appel à l’existence de toi s’empare
et le désir de paraître afflue en ton être
Mon corps refuse la désunion
Mes sens crient angoisse et tressaillement
Tu t’obstines à prendre forme
J’acquiesce
Tu éclates des replis de mon être
un sens qui meut toutes les lettres
Tu jaillis de la glaise de mon indigence
une lueur perçant le voile de l’ignorance
Tu t’extirpes hors de moi
au fin fond de l’univers
emportant le sens de ma quintessence
me léguant la perpétuelle quête de ton essence
et la nostalgie le secret de mon existence
Corps mutilé
cœur supplicié
je ne suis désormais que le reflet de ton reflet
l’ombre effacée au fond de ton miroir
le désir en moi brûle de désir de te voir
Mes forces s’ébranlent
Des états d’une effarante complexité
de moi s’emparent
arrachement
déchirement
propos
recueillement
enivrement
dégrisement
délaissement
relâchement
nostalgie
ironie
angoisse
mélancolie
lassitude
folie
A part toi
y a t-il une vérité ?
Tu es la vérité des vérités
la substance de l’unicité
Au tréfonds de moi
tout est confusion
la force est faiblesse
le doute est certitude
la joie est empreinte de tristesse
je ne sais plus qui je suis
je voudrais hurler ou murmurer
peu importe :
Qu’importe
tout ce qui n’est pas toi ?
Touria Ikbal
Extrait de l’épître du désir
Édition Awacer Marrakech 2005
jeudi 28 décembre 2006
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