Seuls parmi un cortège de complaintes défigurées
Ils pleuraient de tout leur sang l’ombre d’une ondine
Marchant enivrés, claquant toutes les portes
Ils sentirent le mal se configurer sous leurs pas.
L’acte nouveau avait survécu à leurs lois,
Ils étaient le maître immortel indigne de sa foi.
Après cet enterrement, ils se mortifièrent et comblèrent de joie
Les apôtres de ce dieu dont ils ne connaissaient que le roi.
°°°°
L’humour du mal a des profondeurs insondables
Le calme de la piété a des hivers rudes.
Je suis l’autre personne, celle qui fait partie de l’ombre,
Qui n’a aucune peur de cet océan d’horreur ?
Qui défiera ce cher marginal ?
Je hais l’orgueil de ce peuple
Je hais cette médiocrité intellectuelle
L’orage fera son œuvre et je serai interné
La prison s’ouvrira et j’imiterai le chant des cygnes
La vie n’est-elle pas une fin en soi ?
°°°°
Sous les oracles d’une passion sordide
J’ai écrit ton nom
J’ai conservé une à une les images du passé
Seul, un souffle sur ton visage limita mes vertiges
Et, le recueil de tes yeux me fit frémir de rire.
Sous l’orage d’une passion décuplée, je n’ai pu te rejoindre
Demain, j’irai te choisir une tombe
Hier, je t’avais déjà enterré.
Arnaud Valeix
jeudi 28 décembre 2006
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