jeudi 28 décembre 2006

Flûte de Pan

les miracles des pensées ne pensent pas

les miracles pensés rejettent le penseur
à la surface de la langue
que Dieu parle muettement

comme l’intuition de Spinoza

comme les yeux de Bergson

miracles mini pellicules

ce que je dois penser maintenant
me fait pleurer ce que je dois pleurer

j’écripleure les écripleurs il pleut
j’écris des pleurs et dissocie doucement
les plans de la pluie

face-à-face avec l’esprit liquide
et sa grammaire submergée

je pleure bien à la simplicité d’un alibi

autorisée seule la plainte des pleurs reconnaît
l’ordre suivant :

1. pour être celle que je ne suis pas
2. j’écris
3. pour ne pas être celle que je suis
4. je n’écris pas ; me situe dans la continuité de la confusion
5. ^^^^^^^^^^–––––.........^^^^^^^^/ /.......––––––––––––
6. –––––– /...–––––––^^^^^^°°°°°°°^^
7. la confession est une force positive ; rend positifs les pleurs distincts
8. je ne m’aligne pas aux bruits de la durée
9. pour échapper à moi-même et aux éléments qui m’habitent
10. bouche pleine d’autres bouches
11. matière et conscience s’entremêlent
12. je vomis mon bonheur
13. pour débarrasser les autres de moi
14. entre silence et bruit l’inexprimable exprime le reste
15. je ne suis qu’une main parlante ; qui s’occupe de ce côté sourd-muet
16. tout discours émotif atteste les pleurs de la pensée
17. main dans la main, entre des mains, attestées, mes pensées manipulent les miracles

Avant et après il y a le sens
qui est moins une chose poussée dans le vide
qu’un mouvant bergsonien

16. et Bergson n’a plus le droit de penser

Rodica Draghincescu

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