I
prends-moi dans tes yeux
sois ma lumière
ta larme le refuge de mon cœur
et de mon temps d’errance
II
entre les yeux de feu
et les regards de sang
la jeunesse a hérité
du bouillonnement d’un vieillard
III
le crâne de mon baiser
comme décapité de tes lèvres
flotte dans les nuages d’amour
pâli des peines de la mort
avec mes yeux accrochés à ton ombre
IV
pourquoi crains-tu les cœurs de glace
viens dans la cité des yeux
flâne dans ses rues de feu
dansant aux étoiles
V
des âmes emplies de mots
fument nos chansons
les sons ne peuvent pas élever leurs échos
VI
entre elle et mes yeux
une montagne de soupirs noirs
VII
lumière joyeuse dans les yeux brillants
braqués sur la saison de la douleur
soudain la tempête s’échappe
d’une aube souriante
VIII
il y a une mer
sous mes yeux
où vous êtes enveloppés
dans des toiles de splendeur
IX
vous pouvez voir mon sourire
cousu aux vitres
de ses yeux
Ukzenel Buçpapa
Traduit en français par Ukzenel Buçpapa et Raul Lilo
jeudi 28 décembre 2006
Vertige
Dans la matrice de l’immensité
je te porte une éternité
je te porte un sens
mûrissant dans mes entrailles
jusqu’à la vieillesse
de moi tantôt s’approchant
tantôt se détachant
s’agitant
aux grés de mes vicissitudes
grandissant
grandissant
grandissant
Vertiges et égarements
me taraudent
et les ouragans de la passion
Subitement
un appel à l’existence de toi s’empare
et le désir de paraître afflue en ton être
Mon corps refuse la désunion
Mes sens crient angoisse et tressaillement
Tu t’obstines à prendre forme
J’acquiesce
Tu éclates des replis de mon être
un sens qui meut toutes les lettres
Tu jaillis de la glaise de mon indigence
une lueur perçant le voile de l’ignorance
Tu t’extirpes hors de moi
au fin fond de l’univers
emportant le sens de ma quintessence
me léguant la perpétuelle quête de ton essence
et la nostalgie le secret de mon existence
Corps mutilé
cœur supplicié
je ne suis désormais que le reflet de ton reflet
l’ombre effacée au fond de ton miroir
le désir en moi brûle de désir de te voir
Mes forces s’ébranlent
Des états d’une effarante complexité
de moi s’emparent
arrachement
déchirement
propos
recueillement
enivrement
dégrisement
délaissement
relâchement
nostalgie
ironie
angoisse
mélancolie
lassitude
folie
A part toi
y a t-il une vérité ?
Tu es la vérité des vérités
la substance de l’unicité
Au tréfonds de moi
tout est confusion
la force est faiblesse
le doute est certitude
la joie est empreinte de tristesse
je ne sais plus qui je suis
je voudrais hurler ou murmurer
peu importe :
Qu’importe
tout ce qui n’est pas toi ?
Touria Ikbal
Extrait de l’épître du désir
Édition Awacer Marrakech 2005
je te porte une éternité
je te porte un sens
mûrissant dans mes entrailles
jusqu’à la vieillesse
de moi tantôt s’approchant
tantôt se détachant
s’agitant
aux grés de mes vicissitudes
grandissant
grandissant
grandissant
Vertiges et égarements
me taraudent
et les ouragans de la passion
Subitement
un appel à l’existence de toi s’empare
et le désir de paraître afflue en ton être
Mon corps refuse la désunion
Mes sens crient angoisse et tressaillement
Tu t’obstines à prendre forme
J’acquiesce
Tu éclates des replis de mon être
un sens qui meut toutes les lettres
Tu jaillis de la glaise de mon indigence
une lueur perçant le voile de l’ignorance
Tu t’extirpes hors de moi
au fin fond de l’univers
emportant le sens de ma quintessence
me léguant la perpétuelle quête de ton essence
et la nostalgie le secret de mon existence
Corps mutilé
cœur supplicié
je ne suis désormais que le reflet de ton reflet
l’ombre effacée au fond de ton miroir
le désir en moi brûle de désir de te voir
Mes forces s’ébranlent
Des états d’une effarante complexité
de moi s’emparent
arrachement
déchirement
propos
recueillement
enivrement
dégrisement
délaissement
relâchement
nostalgie
ironie
angoisse
mélancolie
lassitude
folie
A part toi
y a t-il une vérité ?
Tu es la vérité des vérités
la substance de l’unicité
Au tréfonds de moi
tout est confusion
la force est faiblesse
le doute est certitude
la joie est empreinte de tristesse
je ne sais plus qui je suis
je voudrais hurler ou murmurer
peu importe :
Qu’importe
tout ce qui n’est pas toi ?
Touria Ikbal
Extrait de l’épître du désir
Édition Awacer Marrakech 2005
La différence entre un joueur de football et un poète
La différence entre un joueur de football et un poète
Réside dans le simple fait que le footballeur
Embrasse ses compagnons qu’après avoir réalisé un but
Le poète
Le seul l’unique
Embrasse les mots
Au moindre mouvement de la planète
Il associe au bruissement de l’herbe la pluie des Balkans
Il glorifie chaque goutte de sueur
Sa vision universelle du monde
Le libère de ses tensions
Il microdécharge des cellules électriques dans l'air
Espérant ainsi perdre l'envie de vaincre
Pour toucher en un instant
Ce que peu d'hommes
Perçoivent
Mario Salis
Traduction : Mara Salis
Réside dans le simple fait que le footballeur
Embrasse ses compagnons qu’après avoir réalisé un but
Le poète
Le seul l’unique
Embrasse les mots
Au moindre mouvement de la planète
Il associe au bruissement de l’herbe la pluie des Balkans
Il glorifie chaque goutte de sueur
Sa vision universelle du monde
Le libère de ses tensions
Il microdécharge des cellules électriques dans l'air
Espérant ainsi perdre l'envie de vaincre
Pour toucher en un instant
Ce que peu d'hommes
Perçoivent
Mario Salis
Traduction : Mara Salis
Le temps n’existe pas
Le temps n’en finit pas
Il est stupide et discontinu
Qui a dit que le temps est toujours le même
Le temps n’est pas une ligne droite
Une autoroute à emprunter
Il ne conserve pas toujours la même vitesse
Il est erroné de croire que toutes les sacro-saintes secondes
Les minutes et les heures sont semblables
Le passé est une onde sinueuse
Non uniforme et tumultueuse
Collier de différents moments
Dictés par des rythmes différents
Comme un élastique le temps s’élargit et se rétrécit
Dicté par des paramètres d’une unité de mesure
Qui n’ont rien à voir avec la régularité métronomique
Le temps est stupide
Et par nature irrégulier
De temps en temps une goutte nous indique
Le passé et nous y cloue
Nous laissant croire qu’on est aujourd’hui
Et nous privant du lendemain
Antonio Bertoli a raison
Dans son No time
Le temps n’existe pas
On ne peut pas prendre le temps en main
On ne peut traverser le temps
Comme on traverserait une autoroute du New Jersey
Chaque trace de ligne est une illusion
Chaque rectiligne une courbe
A clouer au sol
Et le souvenir d’avoir été
N’est qu’une fiction
Que le temps nous offre
En nous donnant l’impression d’exister
Mario Salis
Traduction : Mara Salis
Il est stupide et discontinu
Qui a dit que le temps est toujours le même
Le temps n’est pas une ligne droite
Une autoroute à emprunter
Il ne conserve pas toujours la même vitesse
Il est erroné de croire que toutes les sacro-saintes secondes
Les minutes et les heures sont semblables
Le passé est une onde sinueuse
Non uniforme et tumultueuse
Collier de différents moments
Dictés par des rythmes différents
Comme un élastique le temps s’élargit et se rétrécit
Dicté par des paramètres d’une unité de mesure
Qui n’ont rien à voir avec la régularité métronomique
Le temps est stupide
Et par nature irrégulier
De temps en temps une goutte nous indique
Le passé et nous y cloue
Nous laissant croire qu’on est aujourd’hui
Et nous privant du lendemain
Antonio Bertoli a raison
Dans son No time
Le temps n’existe pas
On ne peut pas prendre le temps en main
On ne peut traverser le temps
Comme on traverserait une autoroute du New Jersey
Chaque trace de ligne est une illusion
Chaque rectiligne une courbe
A clouer au sol
Et le souvenir d’avoir été
N’est qu’une fiction
Que le temps nous offre
En nous donnant l’impression d’exister
Mario Salis
Traduction : Mara Salis
Quand sur ma tête
Quand sur ma tête
Il n’y aura plus de cheveux
Et sur mes lèvres
Plus aucun mot
Que mes yeux
Ne verront plus les douleurs
Que dans mes oreilles il y aura l’obscurité
Que mes mains ne pourront plus soutenir une plume
Que mes jambes se seront envolées
Je parlerai avec mon cœur
Je regarderai avec l’espoir
Et j’écouterai avec amour ;
Et mes mains seront les nuages
Et mes jambes les étoiles
Et quand sur mon cœur s’écoulera l’ancien temps
Et sur mon espoir
L’ancienne douleur
Et que sur mon amour viendront les réalités
Alors peut-être je m’arrêterai
Parmi les nuages et les étoiles
Je m’arrêterai
Et tout sera fini, tout sera passé :
Mais il me restera une chose
Douce, violente et authentique
Et j’y renoncerai
Jamais,
Ma liberté
Marco Porcu
Traduction : Mara Salis
Il n’y aura plus de cheveux
Et sur mes lèvres
Plus aucun mot
Que mes yeux
Ne verront plus les douleurs
Que dans mes oreilles il y aura l’obscurité
Que mes mains ne pourront plus soutenir une plume
Que mes jambes se seront envolées
Je parlerai avec mon cœur
Je regarderai avec l’espoir
Et j’écouterai avec amour ;
Et mes mains seront les nuages
Et mes jambes les étoiles
Et quand sur mon cœur s’écoulera l’ancien temps
Et sur mon espoir
L’ancienne douleur
Et que sur mon amour viendront les réalités
Alors peut-être je m’arrêterai
Parmi les nuages et les étoiles
Je m’arrêterai
Et tout sera fini, tout sera passé :
Mais il me restera une chose
Douce, violente et authentique
Et j’y renoncerai
Jamais,
Ma liberté
Marco Porcu
Traduction : Mara Salis
Quelques requêtes
Laissez-moi libre d'exercer mon flux,
Ne m’enfermez pas dans une structure
Ne m'enchaînez pas dans une image
N'ayez pas la manie de tout rationaliser
Plutôt essayez de savoir s’il y a en vous l’habitude ou la terreur de la réalité
Si je sais vouloir du mal je sais aimer si je le veux
Si je critique je suis libre d'apprécier
Je suis libre d’être en désaccord
Ainsi je suis sûr de ce que j’aime avec violence
Dédaignez pour aimer
Francesco Petetta
Traduction : Mara Salis
Ne m’enfermez pas dans une structure
Ne m'enchaînez pas dans une image
N'ayez pas la manie de tout rationaliser
Plutôt essayez de savoir s’il y a en vous l’habitude ou la terreur de la réalité
Si je sais vouloir du mal je sais aimer si je le veux
Si je critique je suis libre d'apprécier
Je suis libre d’être en désaccord
Ainsi je suis sûr de ce que j’aime avec violence
Dédaignez pour aimer
Francesco Petetta
Traduction : Mara Salis
Le vent est ma lignée, et la pluie mon adresse
Avant que l’idée ne se heurte à la terre,
Avant que ne s’exhale l’odeur de la vase.
Je me suis promené au marché des calomnies,
Portant ma perte,
Me donnant la mort.
Je suis Adam et Eve,
Je suis aussi Cain et Abel
Descendant du péché originel
Et de l’union de l’iris avec la famille des exquis.
Je suis peut-être là, ou là-bas,
Je suis peut-être dans la sève d’un pin ou d’un cèdre.
Je suis peut-être une plume dans l’aile d’un corbeau,
Ou une particule enterrée dans les cendres d’un gisement de charbon chinois
Je suis peut-être une portion d’un fruit africain, ou d’un tronc d’arbre au Panana.
Je suis peut-être une obscurité qui enveloppe le Pôle Nord
Ou peut-être un jour qui s’élève sur l’océan pacifique.
Je suis peut-être de la lignée mongole
Ou le descendant d’un tueur romain.
Oui, je suis peut-être d’une famille juive
Ou d’une famille bouddhique
Ou un rebut des peaux rouges
Ou une trace d’un Prêtre indien.
Qui croirait que les larmes aux yeux n’ont point changé,
Et que le vent d’automne ne traverse pas toutes les journées de l’année
Qui prouverait que la terre du cimetière n’a point habité les nuages de l’hiver du siècle ayant précédé la naissance de Socrate ?
Qui croirait que la chaleur qui a cuit le corps du pharaon Tahutmus n’est pas bien celle qui gâte le visage de ma petite fille ?
J’appartiens peut-être à beaucoup de nations, et à tant d’hommes
J’ai peut-être des grands-mères russes et des tantes espagnoles.
Je suis certain que les eaux primordiales tournent entre cours d’eau et désirs charnels,
Je suis sûr que ma langue n’est pas mon corps,
Que le son des oiseaux n’est pas étranger au mouvement du vent et de la pluie
Je ne suis pas l’Aujourd’hui,
Je ne suis pas le Demain.
J’ai été peut-être un oiseau au temps des perses
Ou une Croix au temps de Constantin
Ou un glaive aux mains de Saladin
Qui me dirait qui je suis ?
Mon cœur est rempli de palpitation universelle
Mes pas m’acheminent à la demeure du feu primordial
Je ne suis point capable d’injurier l’étoile de Mars
Je n’ai point envie de désapprouver la trajectoire de l’étoile du Valentin
Je n’insiste point pour arrêter le souffle magnétique sur les ossements des ancêtres
Je porte en moi un éclat de l’arme du dieu Mars
Une lueur du feu de Prométhée
Je porte de versets de Coran
Des Psaumes de David
Des cantiques de Paule
Des chants sacres de Bouddha
Des paroles de Bahaâ
Je ne connais point le levant du zodiaque, ni le coucher de la création
J’ai commence à m’habituer à l’étonnement
Et à me transfigurer dans le miroir !!!
Je connais celui qui ne me connaît point,
Mon frère auquel ne me lie aucun lien, et qui n’a jamais entendu mon nom
Ma sœur est caucasienne
Ma tante est de Grèce
Les Turcs ont peut-être marqué ma voix
La mer a peut-être raffiné ma sauvagerie
J’ai peut-être donné naissance à un cultivateur français
Ou à un imposteur politicien en Italie.
Je suis peut-être venu du sol de Los Angeles
Ou de la terre d’Athènes
Qui connaît l’histoire de mon corps avant deux mille ans ?
Qui possède l’œuf du rock[1] dans sa main
Qui me dirait qui je suis ?
Je ne suis peut-être pas moi,
Je ne suis peut-être pas toi,
Je suis peut-être là, ou là-bas.
Tu viens peut-être de moi, et moi du sol de Mars
Je ne nie point mon lien avec Zeus
Mais n’avoue point son sang dans mes veines.
Je ne nie point l’authenticité du fleuve, et ne cache point la mer dans ma garde-robe.
Le vent est ma lignée, et la pluie mon adresse.
[1] oiseau mythique
Musa Hawamdeh
Grand Prix Teranova 2006
Fondation Oriani " La plume "
Avant que ne s’exhale l’odeur de la vase.
Je me suis promené au marché des calomnies,
Portant ma perte,
Me donnant la mort.
Je suis Adam et Eve,
Je suis aussi Cain et Abel
Descendant du péché originel
Et de l’union de l’iris avec la famille des exquis.
Je suis peut-être là, ou là-bas,
Je suis peut-être dans la sève d’un pin ou d’un cèdre.
Je suis peut-être une plume dans l’aile d’un corbeau,
Ou une particule enterrée dans les cendres d’un gisement de charbon chinois
Je suis peut-être une portion d’un fruit africain, ou d’un tronc d’arbre au Panana.
Je suis peut-être une obscurité qui enveloppe le Pôle Nord
Ou peut-être un jour qui s’élève sur l’océan pacifique.
Je suis peut-être de la lignée mongole
Ou le descendant d’un tueur romain.
Oui, je suis peut-être d’une famille juive
Ou d’une famille bouddhique
Ou un rebut des peaux rouges
Ou une trace d’un Prêtre indien.
Qui croirait que les larmes aux yeux n’ont point changé,
Et que le vent d’automne ne traverse pas toutes les journées de l’année
Qui prouverait que la terre du cimetière n’a point habité les nuages de l’hiver du siècle ayant précédé la naissance de Socrate ?
Qui croirait que la chaleur qui a cuit le corps du pharaon Tahutmus n’est pas bien celle qui gâte le visage de ma petite fille ?
J’appartiens peut-être à beaucoup de nations, et à tant d’hommes
J’ai peut-être des grands-mères russes et des tantes espagnoles.
Je suis certain que les eaux primordiales tournent entre cours d’eau et désirs charnels,
Je suis sûr que ma langue n’est pas mon corps,
Que le son des oiseaux n’est pas étranger au mouvement du vent et de la pluie
Je ne suis pas l’Aujourd’hui,
Je ne suis pas le Demain.
J’ai été peut-être un oiseau au temps des perses
Ou une Croix au temps de Constantin
Ou un glaive aux mains de Saladin
Qui me dirait qui je suis ?
Mon cœur est rempli de palpitation universelle
Mes pas m’acheminent à la demeure du feu primordial
Je ne suis point capable d’injurier l’étoile de Mars
Je n’ai point envie de désapprouver la trajectoire de l’étoile du Valentin
Je n’insiste point pour arrêter le souffle magnétique sur les ossements des ancêtres
Je porte en moi un éclat de l’arme du dieu Mars
Une lueur du feu de Prométhée
Je porte de versets de Coran
Des Psaumes de David
Des cantiques de Paule
Des chants sacres de Bouddha
Des paroles de Bahaâ
Je ne connais point le levant du zodiaque, ni le coucher de la création
J’ai commence à m’habituer à l’étonnement
Et à me transfigurer dans le miroir !!!
Je connais celui qui ne me connaît point,
Mon frère auquel ne me lie aucun lien, et qui n’a jamais entendu mon nom
Ma sœur est caucasienne
Ma tante est de Grèce
Les Turcs ont peut-être marqué ma voix
La mer a peut-être raffiné ma sauvagerie
J’ai peut-être donné naissance à un cultivateur français
Ou à un imposteur politicien en Italie.
Je suis peut-être venu du sol de Los Angeles
Ou de la terre d’Athènes
Qui connaît l’histoire de mon corps avant deux mille ans ?
Qui possède l’œuf du rock[1] dans sa main
Qui me dirait qui je suis ?
Je ne suis peut-être pas moi,
Je ne suis peut-être pas toi,
Je suis peut-être là, ou là-bas.
Tu viens peut-être de moi, et moi du sol de Mars
Je ne nie point mon lien avec Zeus
Mais n’avoue point son sang dans mes veines.
Je ne nie point l’authenticité du fleuve, et ne cache point la mer dans ma garde-robe.
Le vent est ma lignée, et la pluie mon adresse.
[1] oiseau mythique
Musa Hawamdeh
Grand Prix Teranova 2006
Fondation Oriani " La plume "
Flûte de Pan
les miracles des pensées ne pensent pas
les miracles pensés rejettent le penseur
à la surface de la langue
que Dieu parle muettement
comme l’intuition de Spinoza
comme les yeux de Bergson
miracles mini pellicules
ce que je dois penser maintenant
me fait pleurer ce que je dois pleurer
j’écripleure les écripleurs il pleut
j’écris des pleurs et dissocie doucement
les plans de la pluie
face-à-face avec l’esprit liquide
et sa grammaire submergée
je pleure bien à la simplicité d’un alibi
autorisée seule la plainte des pleurs reconnaît
l’ordre suivant :
1. pour être celle que je ne suis pas
2. j’écris
3. pour ne pas être celle que je suis
4. je n’écris pas ; me situe dans la continuité de la confusion
5. ^^^^^^^^^^–––––.........^^^^^^^^/ /.......––––––––––––
6. –––––– /...–––––––^^^^^^°°°°°°°^^
7. la confession est une force positive ; rend positifs les pleurs distincts
8. je ne m’aligne pas aux bruits de la durée
9. pour échapper à moi-même et aux éléments qui m’habitent
10. bouche pleine d’autres bouches
11. matière et conscience s’entremêlent
12. je vomis mon bonheur
13. pour débarrasser les autres de moi
14. entre silence et bruit l’inexprimable exprime le reste
15. je ne suis qu’une main parlante ; qui s’occupe de ce côté sourd-muet
16. tout discours émotif atteste les pleurs de la pensée
17. main dans la main, entre des mains, attestées, mes pensées manipulent les miracles
Avant et après il y a le sens
qui est moins une chose poussée dans le vide
qu’un mouvant bergsonien
16. et Bergson n’a plus le droit de penser
Rodica Draghincescu
les miracles pensés rejettent le penseur
à la surface de la langue
que Dieu parle muettement
comme l’intuition de Spinoza
comme les yeux de Bergson
miracles mini pellicules
ce que je dois penser maintenant
me fait pleurer ce que je dois pleurer
j’écripleure les écripleurs il pleut
j’écris des pleurs et dissocie doucement
les plans de la pluie
face-à-face avec l’esprit liquide
et sa grammaire submergée
je pleure bien à la simplicité d’un alibi
autorisée seule la plainte des pleurs reconnaît
l’ordre suivant :
1. pour être celle que je ne suis pas
2. j’écris
3. pour ne pas être celle que je suis
4. je n’écris pas ; me situe dans la continuité de la confusion
5. ^^^^^^^^^^–––––.........^^^^^^^^/ /.......––––––––––––
6. –––––– /...–––––––^^^^^^°°°°°°°^^
7. la confession est une force positive ; rend positifs les pleurs distincts
8. je ne m’aligne pas aux bruits de la durée
9. pour échapper à moi-même et aux éléments qui m’habitent
10. bouche pleine d’autres bouches
11. matière et conscience s’entremêlent
12. je vomis mon bonheur
13. pour débarrasser les autres de moi
14. entre silence et bruit l’inexprimable exprime le reste
15. je ne suis qu’une main parlante ; qui s’occupe de ce côté sourd-muet
16. tout discours émotif atteste les pleurs de la pensée
17. main dans la main, entre des mains, attestées, mes pensées manipulent les miracles
Avant et après il y a le sens
qui est moins une chose poussée dans le vide
qu’un mouvant bergsonien
16. et Bergson n’a plus le droit de penser
Rodica Draghincescu
Au-dessus du fleuve des mots
(pour Mahmud Darwish)
Je passe au-dessus du fleuve des mots.
Mon poème est un pont
dont je suis le parapet.
Ils me veulent arme au poing les soldats morts,
que je connais tous un par un
ils me forcent à me retourner
sans bondir.
Pour toi
je passe au-dessus du grand fleuve des mots refermés,
mon poème est un pont qui s’est écrasé au-dessus des mots
parce qu’ils étaient tristes
et chercheurs de querelle.
Naim Araidi
Je passe au-dessus du fleuve des mots.
Mon poème est un pont
dont je suis le parapet.
Ils me veulent arme au poing les soldats morts,
que je connais tous un par un
ils me forcent à me retourner
sans bondir.
Pour toi
je passe au-dessus du grand fleuve des mots refermés,
mon poème est un pont qui s’est écrasé au-dessus des mots
parce qu’ils étaient tristes
et chercheurs de querelle.
Naim Araidi
La déraison
La déraison lyrique c’est la gloire du pauvre.
Elle sature l’esprit, mais nourrit bien les tripes si faillibles.
L’esprit vous va bien, vous qui n’en avez point !!!
Arnaud Valeix
Elle sature l’esprit, mais nourrit bien les tripes si faillibles.
L’esprit vous va bien, vous qui n’en avez point !!!
Arnaud Valeix
Nourritures immediates
Seuls parmi un cortège de complaintes défigurées
Ils pleuraient de tout leur sang l’ombre d’une ondine
Marchant enivrés, claquant toutes les portes
Ils sentirent le mal se configurer sous leurs pas.
L’acte nouveau avait survécu à leurs lois,
Ils étaient le maître immortel indigne de sa foi.
Après cet enterrement, ils se mortifièrent et comblèrent de joie
Les apôtres de ce dieu dont ils ne connaissaient que le roi.
°°°°
L’humour du mal a des profondeurs insondables
Le calme de la piété a des hivers rudes.
Je suis l’autre personne, celle qui fait partie de l’ombre,
Qui n’a aucune peur de cet océan d’horreur ?
Qui défiera ce cher marginal ?
Je hais l’orgueil de ce peuple
Je hais cette médiocrité intellectuelle
L’orage fera son œuvre et je serai interné
La prison s’ouvrira et j’imiterai le chant des cygnes
La vie n’est-elle pas une fin en soi ?
°°°°
Sous les oracles d’une passion sordide
J’ai écrit ton nom
J’ai conservé une à une les images du passé
Seul, un souffle sur ton visage limita mes vertiges
Et, le recueil de tes yeux me fit frémir de rire.
Sous l’orage d’une passion décuplée, je n’ai pu te rejoindre
Demain, j’irai te choisir une tombe
Hier, je t’avais déjà enterré.
Arnaud Valeix
Ils pleuraient de tout leur sang l’ombre d’une ondine
Marchant enivrés, claquant toutes les portes
Ils sentirent le mal se configurer sous leurs pas.
L’acte nouveau avait survécu à leurs lois,
Ils étaient le maître immortel indigne de sa foi.
Après cet enterrement, ils se mortifièrent et comblèrent de joie
Les apôtres de ce dieu dont ils ne connaissaient que le roi.
°°°°
L’humour du mal a des profondeurs insondables
Le calme de la piété a des hivers rudes.
Je suis l’autre personne, celle qui fait partie de l’ombre,
Qui n’a aucune peur de cet océan d’horreur ?
Qui défiera ce cher marginal ?
Je hais l’orgueil de ce peuple
Je hais cette médiocrité intellectuelle
L’orage fera son œuvre et je serai interné
La prison s’ouvrira et j’imiterai le chant des cygnes
La vie n’est-elle pas une fin en soi ?
°°°°
Sous les oracles d’une passion sordide
J’ai écrit ton nom
J’ai conservé une à une les images du passé
Seul, un souffle sur ton visage limita mes vertiges
Et, le recueil de tes yeux me fit frémir de rire.
Sous l’orage d’une passion décuplée, je n’ai pu te rejoindre
Demain, j’irai te choisir une tombe
Hier, je t’avais déjà enterré.
Arnaud Valeix
Mister Time
Hey Mister Time
Ne me fais plus attendre
Verse-moi ton doux nectar
Le sel des sommets
Cette table
Est un champ de bataille
Cette histoire
Va de mal en pire
Une gorgée une goutte un soupçon
In vino veritas
Verse-moi à boire
Car le vent brûle mon âme
J’ai le cœur rouillé
Et la gorge serrée
C’est un cantique une fugue
Un oasis limpide
Il est rouge il est comme l’or
Le temps n’a pas de fin
C’est une intrigue sans borne
Sans limite
Si c’est un vol de papillon
Alors fais-moi rêver
Emmène-moi loin
Au delà du temps
Hey le temps vole
Il court plus vite que le train
Hey temps divin
Verse- moi ton venin
Ta chanson a un rythme endiablé
Et ta musique me berce
Le son de cet harmonica
A le goût du lait du miel et du cognac
Hey Mister Times
Ne me fais plus attendre
Verse-moi ton doux nectar
Le sang des sommets
Mario Salis
Ne me fais plus attendre
Verse-moi ton doux nectar
Le sel des sommets
Cette table
Est un champ de bataille
Cette histoire
Va de mal en pire
Une gorgée une goutte un soupçon
In vino veritas
Verse-moi à boire
Car le vent brûle mon âme
J’ai le cœur rouillé
Et la gorge serrée
C’est un cantique une fugue
Un oasis limpide
Il est rouge il est comme l’or
Le temps n’a pas de fin
C’est une intrigue sans borne
Sans limite
Si c’est un vol de papillon
Alors fais-moi rêver
Emmène-moi loin
Au delà du temps
Hey le temps vole
Il court plus vite que le train
Hey temps divin
Verse- moi ton venin
Ta chanson a un rythme endiablé
Et ta musique me berce
Le son de cet harmonica
A le goût du lait du miel et du cognac
Hey Mister Times
Ne me fais plus attendre
Verse-moi ton doux nectar
Le sang des sommets
Mario Salis
mercredi 27 décembre 2006
Préface
Créer un festival nomade sur la poésie du monde et sur les performances poétiques, semblait être une mission difficile, or Teranova est accueilli depuis quatre ans avec étonnement et sympathie.
Les gens d'Europe demeurent ouverts à ces initiatives, ces actes poétiques qui souvent questionnent et construisent la conscience collective.
On peut ainsi constater que la poésie contemporaine est un sujet qui suscite toujours plus un vif intérêt.
Souvent la participation du public se caractérise par la qualité de l’écoute, de l’échange littéraire sans aucun compromis idéologique.
Teranova est un hymne à la « parole » lue, vécue, racontée et souvent même chantée.
En cette époque où la communication télévisée propose sans scrupules un contenu pour le moins décadent, hormis quelques rares exceptions, il est bon de constater que les poètes, armés uniquement de poésie, proposent en des lieux insolites, dans les villes comme dans les villages isolés, leurs aspirations, leur univers.
Le succès toujours croissant de la poésie contemporaine, est peut-être le signe que le public a besoin de se retrouver, d’échanger, sans de faux artifices ou de macabres rêves hollywoodiens.
La poésie du monde, dans toute sa fragilité, demeure un brin d’herbe pure, un acte de courage, le « lieu » de la renaissance culturelle et pour certains aspects, spirituelle.
Je remercie la Fondation Orient – Occident et tous ceux qui donnent et sauront lire entre les lignes la force de l’invisible « souffle de vie » que Teranova porte en son sein avec humilité.
Vous les poètes du TERANOVA TOUR POETRY, soyez les bienvenus.
Votre présence est pour nous une excitante stimulation, un chant paradisiaque auquel chacun devrait pouvoir accéder pour en savourer l’arôme et percevoir de nouveaux chemins à parcourir, dans l’unique direction où l’infini rencontre la juste récompense de celui qui a su cueillir un texte, une virgule, un mot.
Mario Salis
Fondateur de Teranova
Les gens d'Europe demeurent ouverts à ces initiatives, ces actes poétiques qui souvent questionnent et construisent la conscience collective.
On peut ainsi constater que la poésie contemporaine est un sujet qui suscite toujours plus un vif intérêt.
Souvent la participation du public se caractérise par la qualité de l’écoute, de l’échange littéraire sans aucun compromis idéologique.
Teranova est un hymne à la « parole » lue, vécue, racontée et souvent même chantée.
En cette époque où la communication télévisée propose sans scrupules un contenu pour le moins décadent, hormis quelques rares exceptions, il est bon de constater que les poètes, armés uniquement de poésie, proposent en des lieux insolites, dans les villes comme dans les villages isolés, leurs aspirations, leur univers.
Le succès toujours croissant de la poésie contemporaine, est peut-être le signe que le public a besoin de se retrouver, d’échanger, sans de faux artifices ou de macabres rêves hollywoodiens.
La poésie du monde, dans toute sa fragilité, demeure un brin d’herbe pure, un acte de courage, le « lieu » de la renaissance culturelle et pour certains aspects, spirituelle.
Je remercie la Fondation Orient – Occident et tous ceux qui donnent et sauront lire entre les lignes la force de l’invisible « souffle de vie » que Teranova porte en son sein avec humilité.
Vous les poètes du TERANOVA TOUR POETRY, soyez les bienvenus.
Votre présence est pour nous une excitante stimulation, un chant paradisiaque auquel chacun devrait pouvoir accéder pour en savourer l’arôme et percevoir de nouveaux chemins à parcourir, dans l’unique direction où l’infini rencontre la juste récompense de celui qui a su cueillir un texte, une virgule, un mot.
Mario Salis
Fondateur de Teranova
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